Influence versus manipulation
La relation à autrui est toujours une relation d’influence. Consciemment ou inconsciemment la présence et le discours d’autrui nous impressionnent (c’est à dire s’impriment en nous). Selon notre personnalité et notre histoire, cette impression sera plus ou moins forte.
Dans ce contexte, le Coach -comme tout autre personne- aura une influence sur son client. Afin que cette influence ne soit pas manipulatoire à des fins autres que celles recherchées par le client (atteindre son objectif dans le respect de ses valeurs et de ses points de stabilité), les organisations professionnelles (EMCC et ICF au niveau européen et international, l’AEC, la SFC au niveau français) ont rédigé des chartes déontologiques lisibles pour le client.
Poser un cadre
Au delà de la charte de déontologie, le Coach s'engage à proposer à son client dès le début du trajet un cadre à l'intérieur duquel il est possible de travailler en sécurité.
Ce cadre peut être présenté lors de l'entretien préalable de façon verbale ou formalisé par écrit dans un contrat. Le client pourra y trouver les informations suivantes :
- la définition que le Coach donne de sa pratique ;
- les objectifs généraux du Coaching ;
- les outils spécifiques du Coach (formation, base théorique, outils, modèle du changement...) ;
- les conditions de la réussite ;
- les modalités de fonctionnement et les tarifs ;
- des éléments professionnels relatifs au Coach. (formation, expérience professionnelle, spécialisations, réseaux professionnels...) ;
Tous ces éléments doivent permettre au Coaché de s'engager dans un trajet de Coaching avec un maximum de sécurité (savoir où il va, avec qui et par quels moyens...tout en laissant un espace pour la créativité et la surprise).
La charte déontologique
Je propose ici les principaux articles de la charte déontologique de l’AEC (Association Européenne de Coaching). Vous pouvez également consulter en anglais la charte de l’EMCC (European Mentoring and Coaching Council – www.emcc.com (voir "Code of Ethics") dont je suis membre).
"1- Formation professionnelle initiale et permanente :
Le coach a reçu une formation professionnelle initiale théorique et pratique de haut niveau apte à créer une compétence d’exercice du métier de coach.
Il s’engage à régénérer sa formation et son développement personnel tout au long de l’exercice de sa profession, via des participations à des sessions de formation complémentaire, à des conférences, ou à des colloques organisés par la profession.
2- Processus de travail sur soi :
Le coach atteste d’une démarche de travail sur lui-même approfondie, achevée ou en cours, ce travail étant bien distinct de sa formation.
3- Supervision :
Le coach a un lieu de supervision de sa pratique. Cette supervision est assurée en individuel ou en groupe par un ou des pairs qualifiés.
4- Confidentialité :
Le coach est tenu par le secret professionnel. Il prend toutes les précautions pour maintenir l’anonymat des personnes qui le consultent et, en particulier, ne communique aucune information à un tiers sur une personne sans son accord exprès. Toute information sur un client est traitée de façon strictement confidentielle sous réserve du respect des lois en vigueur.
Cette règle de confidentialité est essentielle pour l’établissement d’une relation de confiance sans laquelle le processus de coaching ne peut ni commencer, ni perdurer.
Le client est néanmoins informé que dans certaines circonstances graves, où lui-même représente un danger pour lui-même ou pour les autres, le coach peut sortir de la confidentialité et entreprendre une action appropriée.
5- Indépendance :
Le coach se maintient dans une position d’indépendance. Dans un contrat tripartite, sauf spécification vue ci-dessous, il s’astreint à ne rien communiquer du contenu des séances, ni à la hiérarchie du coaché, ni à aucun autre tiers, et cela dans le seul intérêt du coaché.
Le coach garde sa liberté de refuser un contrat de Coaching pour des raisons personnelles ou éthiques ou qui le mettrait en porte-à-faux par rapport à l’application de la présente charte.
6- Respect de la personne :
Une des caractéristiques d’une relation d’accompagnement telle que le coaching est l’existence d’un lien transférentiel entre coach et coaché. Ce lien peut mettre le coaché dans une relation de dépendance vis à vis du coach. Le coach n’en tirera pas avantage et s’abstiendra de tout abus de pouvoir et de passage à l’acte à l’encontre du coaché.
7- Attitude de réserve vis à vis des tiers :
Le coach observe une attitude de réserve vis à vis des tiers, public ou confrères, au travers d’informations qu’il peut livrer sur l’exercice de son métier, lors d’interviews ou de conférences, pour éviter, par exemple, tout risque de reconnaissance de ses clients par autrui, ou encore utiliser ses clients à des fins médiatiques.
Il pourrait toutefois être dérogé à cette règle dans le cadre de programmes pédagogiques, par exemple, sous réserve de l'accord exprès du ou des coachés et, le cas échéant, de l'organisation donneuse d'ordre.
8- Devoirs envers l’organisation :
Le coach est attentif au métier, aux usages, à la culture, au contexte et aux contraintes de l’organisation pour laquelle le coaché travaille. En particulier, le coach garde une position extérieure à l’organisation et ne prend pas position ni ne s’ingère dans des questions internes, notamment de gestion des ressources humaines.
9- Obligation de moyens :
Le coach met en oeuvre tous les moyens propres à permettre, dans le cadre de la demande du client, le développement professionnel et personnel de celui-ci, y compris en ayant recours, si besoin est, à un confrère.
Le coaché reste néanmoins seul responsable de ses décisions. "
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